12 mars 2026 - « St Félicius » en l’Oratoire de la Maison diocésaine
Une cérémonie du passé, que nenni, en effet nous avons assisté à l’Oratoire de la « Maison diocésaine » de Saintes, à la cérémonie de « Translation » des reliques de « St Félicius ».
En effet, les reliques, suite à un accord entre la « Congrégation des sœurs de Ste Marie de la Providence » de Saintes, venaient d’être transférées, de manière pieuse, liturgique et canonique, de la structure des sœurs (Capitole de Saintes) dans l’oratoire de la M.D, afin d’y être exposées à la vénération des fidèles, mais aussi d’être sécurisées et bien sûr d’assurer aussi une belle et pieuse transmission de la mémoire des premiers martyrs chrétiens à l’époque des persécutions romaines.
C’est ce que l’on appelait et appelle encore.. les saints des premiers temps, « Félicius » fut l’un de ceux-là.
Depuis des décennies les reliques n’étaient plus en vénération et s’étaient un peu retrouvées bien à l’ombre par rapport à leur vocation première… qui est de témoigner de leur fidélité au message du « Christ », de ce fait les générateurs de ces reliques l’avaient alors payé au prix fort.
Aussi, par un heureux hasard j’étais tombé, dans un bulletin religieux, sur l’histoire de l’arrivée de ces reliques, en 1836, au couvent de La Providence (A savoir que ce couvent autrefois avait été occupés par des Carmélites… mais elles avaient alors quitté les lieux forcées par les révolutionnaires, avec un triste destin parfois).
Du passé, vous pourriez le penser, malheureusement des martyrs chrétiens, au nom de leur Foi en Christ, fleurissent dans le monde.
Mais qui était ce jeune homme nommé Félicius… !
Suite aux fouilles des catacombes de Rome, de nombreuses sépultures avaient étaient mises à jour, c’était en 1835, et en ce qui concerne nos reliques, ici remises à l’honneur, nous parlerons des catacombes de St Cyriaque (de nos jours grand cimetière), proche de l’église San Lorenzo, qui se trouvent à l’est de Rome, au niveau des remparts antique et sur la voie Tiburtine (Via).
Lors des fouilles il avait été découvert, entre autres, une sépulture, dans un Loculus latéralement placé dans un des corridors souterrain, elle contenait les restes d’un homme « Felicio ». Ces restes furent jugés être ceux d’un homme jeune. A cette époque après avoir déposé le corps du défunt le maçon plaçait une grande pierre plate et avec sa truelle, après avoir enduit le pourtour du ciment, la coutume était qu’il marquait sur cet enduit avec sa truelle le nom du défunt inhumé à cet endroit. Par ailleurs il était l’usage de mettre une fiole avec des plantes et / ou du parfum, parfois confondu avec des traces de sang.
Donc à la périphérie de Rome, hors de la ville remparée, c’était aussi les usages, furent aménagées des catacombes, certes pour les premiers martyrs et les suivants (plusieurs périodes de persécutions), ces catacombes furent aménagées sur les terres d’une romaine nommée Cyriaque, fut-elle noble ou chrétienne elle-même, toujours est-il qu’elle est connue sous le nom de Ste Cyriaque.
Il faut aussi savoir que, certes il y eut les martyrs chrétiens, mais qu’il y eut aussi de nombreux chrétiens, peut-être non martyrs, en temps de persécutions, mais aussi dans les siècles suivants.
Ainsi après la découverte en 1835, le Pape Grégoire XVI décida d’offrir aux sœurs de la « Congrégation Ste Marie de La Providence » de Saintes, les reliques de ce martyr des premiers temps du christianisme. Ceci pour les remercier de leur mission et de leur engagement auprès des jeunes filles du diocèse, dans le domaine de l’enseignement, certes général mais bien sûr dans la Foi Chrétienne. En effet après la disparition des Carmélites la congrégation s’était installée à Saintes à l’initiative du curé de St Pierre de Saintes, l’abbé De Rupt, c’était bien sûr après le retour de la liberté accordée (Concordat) aux institutions religieuses par napoléon 1er. Sachant que la révolution avait fait créé beaucoup de dommages dans le jeunesse française, la mission des religieuses, établies sur l’ancien Carmel (Ancien capitole de romains et site ancien château des Seigneurs de Saintes), étant alors d’assurer l’éducation des jeunes filles et de susciter de nombreuses vocations, ce qui fut vraiment le cas (Dans les années 1960 il y avait encore des dizaines de religieuses de cette congrégation in-situ).
En 1836, le 15 mai, les reliques furent offertes au diocèse de « Rupel » (La Rochelle et Saintes) et c’est l’abbé Bonnet qui eu en charge de transport des reliques depuis Rome jusqu’à Saintes.
Mais ce n’est que vers 1886 que les reliques furent officiellement installées, depuis la première translation depuis Rome, dans un splendide reliquaire, et mises en présentation et proposées à la vénération des fidèles et aux élèves de l’établissement, ainsi qu’aux religieuses et aux novices du couvent, dans la chapelle des enfants de Marie. Malheureusement l’abbé Bonnet ne participa pas à cette cérémonie exhaustive des reliques, car il venait de décéder.
Travaillant depuis deux ans aux Archives diocésaine, j’étais alors tombé sur un article paru dans le « Bulletin religieux 1886/1887 » (En date du 20/11/1886) et j’avais alors découvert et lu avec une grande joie cette « Belle histoire ». Mais il m’avait fallu mener de nombreuses investigations, même dans une des maisons du »Bon Dieu », on ne fait pas ce que l’on veut.
En fin de compte, avec l’aide de sœur Nicole j’avais réussi à découvrir dans un recoin, au milieu d’autres cartons et proche d’une autre relique… un beau reliquaire, dont « Félicius », via une belle peinture de sa personne, semblait me dire… « Je suis ici ». c’était le 8 septembre 2025.
Rapidement j’avais pris rendez-vous avec sœur Marie-Anne (Supérieure de la congrégation pour Saintes), à peine lui ai-je expliqué en quelques mots ma démarche et le besoin de mettre en sécurité le reliquaire à la « Maison diocésaine », que sa réponse fut un OUI ferme.
Ainsi ce 1er décembre 2025 était à nouveau scellé le destin des reliques de « Félicius », certes il fallait un acte officiel pour cette novelle translation envisagée, aussi cet acte fut signé par Mgr Pierre, Antoine Bozo, évêque de La Rochelle & Saintes, sœur Léonildas Valdivia (Demeurant aux Indes), supérieure générale de la Congrégation (Nommée au dernier chapitre il y a quelques mois), Mme Sandrine Guillaume, directrice de la Maison diocésaine. Cet acte fut signé le 22 décembre 2026.
Entre-temps j’avais donc ramené le reliquaire à la Maison diocésaine, avec un fait divers curieux, en effet, alors que j’avais ramené le reliquaire dans mon bureau (Archives) à la Maison diocésaine, au retour à mon domicile j’étais tombé dans la rue devant chez moi. J’étais fort étonné car je ne tombe pas souvent et surtout aucun mal, malgré mes 81 ans et surtout mes difficultés à marcher.
Ce fut alors le moment de préparer le reliquaire pour sa nouvelle affectation soit dans l’oratoire. Ainsi j’avais nettoyé les vitrages, enlever les poussières, passé un peu de cire, puis aussi fait l’inventaire des sceaux de l’évêché qui validait la véracité des reliques, suivant en cela l’acte « Authentique » délivré par le Vatican pour la véracité des reliques.
Enfin ce fut le grand jour, avec l’accord du père Yves Blomme (Chargé des archives) et suite à divers contacts il avait été retenue la date du jeudi 12 mars pour la cérémonie de translation des reliques… Ce seront des vêpres, en présence de Mgr Pierre-Antoine Bozo, des sœurs de la Congrégation de Ste Marie de la Providence et de quelques bénévoles et salariés de la « M.D », accompagnés de divers prêtres et aussi des sœurs de la « Congrégation des filles du Saint Sacré Cœur de Marie » (Sises à la Maison diocésaine).
Ce fut une belle et pieuse cérémonie, en présence d’une vingtaine de fidèles. Avec ferveur les psaumes (pour un martyr), la parole de Dieu et l’Hymne (pour un martyr), et autres prières, dont le beau MAGNIFICAT résonnèrent d’un seul cœur dans notre bel oratoire, entre reliques et figuration photo de notre jeune martyr pour sa foi (Son image dans le Colisée a été générée par l’Intelligence artificielle).
Quant aux textes du livret de prières, adapté aux-dits vêpres, sur recommandation de sœur Marie-Anne, j’avais intégré l’hymne et les psaumes (114 & 115) dits « Pour un ou plusieurs martyrs ». Ce choix de textes fut par belle coïncidence un beau lien immédiat avec la « Maison diocésaine », comme quoi les voies du Seigneur sont impénétrables, certes au premier abord, mais quand elles sont voix on a tout compris. Merci pour cette magnifique coïncidence.
A la demande de Mgr l’évêque et du père Yves Blomme, j’ai eu l’honneur de pendre la parole, certes pour court exposé du but de cette cérémonie et l’histoire du reliquaire, mais surtout pour remercier les sœurs de Ste Marie de la Providence pour nous avoir confié ces précieuses reliques.
« Chers (es) amis (es), quand vous regarderez « St Félicius » rappelez à votre esprit les Sœurs de Ste Marie de la Providence »
Michel Souris 15/3/2026
Vêpres du jeudi 12 mars 2026
Translation du reliquaire de « St Félicius »
*
Introduction
V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne pour un ou plusieurs martyrs
Puissance et gloire de l’Esprit :
Heureux les vrais martyrs !
La chair dont Dieu les a pétris
En lui pourra surgir.
Pareil aux grains qui sont broyés
Pour être notre pain,
Leur corps se joint au Corps brisé
Qui s'offre par nos mains.
Leur sang se mêle au Sang sauveur
Qui lave nos péchés.
Ils sont l'amour du même cœur
Qui nous a tant aimés.
Heureux qui donne sans compter
Jusqu'à sa propre chair !
Il trouve en Dieu sa liberté,
Visage découvert.
Dans tes martyrs, c'est toi qu'on tue,
Mais toi qu'on glorifie ;
Car ton Église en eux salue
La force de l'Esprit.
Psaume 114 Pour un martyr
1 J'aime le Seigneur : il entend le cri de ma prière ;
2 Il incline vers moi son oreille : toute ma vie, je l'invoquerai.
3 J'étais pris dans les filets de la mort, retenu dans les liens de l'abîme, * j'éprouvais la tristesse et l'angoisse ;
4 J'ai invoqué le nom du Seigneur : « Seigneur, je t'en prie, délivre-moi ! »
5 Le Seigneur est justice et pitié, notre Dieu est tendresse.
6 Le Seigneur défend les petits : j'étais faible, il m'a sauvé.
7 Retrouve ton repos, mon âme, car le Seigneur t'a fait du bien.
8 Il a sauvé mon âme de la mort, * gardé mes yeux des larmes et mes pieds du faux pas.
9 Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.
Antienne (Pour un martyr)
Si quelqu’un se fait mon serviteur, le père des cieux l’exaltera (alléluia)
Psaume 115 Pour un martyr
10 Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert,
11 Moi qui ai dit dans mon trouble : « L'homme n'est que mensonge. »
12 Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ?
13 J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur.
14 Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple !
15 Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens !
16 Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, ton serviteur, le fils de ta servante, * moi, dont tu brisas les chaînes ?
17 Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce, j'invoquerai le nom du Seigneur.
18 Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple,
19 à l'entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem !
Antienne (pour un martyr)
Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera pour toujours (alléluia)
Cantique (Pour un martyr)
Tu es digne, Seigneur notre Dieu,
de recevoir l’honneur, la gloire et la puissance.
C’est toi qui créas l’univers ;
tu as voulu qu’il soit : il fut créé.
Tu es digne, Christ et Seigneur,
de prendre le Livre et d’en ouvrir les sceaux.
Car tu fus immolé,
rachetant pour Dieu, au prix de ton sang
des hommes de toute tribu,
langue, peuple et nation.
Tu as fait de nous pour notre Dieu
un royaume et des prêtres,
et nous régnerons sur la terre.
Il est digne l’Agneau immolé,
de recevoir puissance et richesse,
sagesse et force, honneur, gloire et louange.
La parole de Dieu
Puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l’Esprit de gloire, l’esprit de Dieu repose sur vous.
R / Tu nous a éprouvés, Ô dieu,
* comme un métal qu’on affine.
V / Nous sommes passés par l’eau et le feu,
* comme un métal qu’on affine.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit
R / Tu nous as éprouvés.
Antienne
Heureux le vainqueur entré dans la lumière et dans la paix de son Seigneur (alléluia)
Le cantique de Marie (Chanté)
Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent ;
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël, son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.
Intercession (page 1482)
Nous souvenant, en cette fin de journée, du repas où le Roi des martyrs offrit sa vie pour nous, et de la croix où il remit son esprit à son Père, disons-lui notre amour :
R / Seigneur Jésus, nous t’adorons !
Toi qui nous as aimés jusqu’au bout,
tu es la source du courage, le modèle des martyrs,
loué sois-tu !
Toi qui appelles tous les pêcheurs,
et leur offres la vie, loué sois-tu !
Toi qui a confié à ton église le sacrement de
l’Alliance nouvelle pour la rémission des péchés,
loué sois-tu !
Toi qui associes nos frères défunts au mystère de
ta passion, loué sois-tu !
Notre père
Notre Père, qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnes-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal.
Oraison
Dieu de puissance et de miséricorde, toi qui as donné à St Félicius, ton martyr, de pouvoir triompher dans la souffrance, accorde-nous, en ce jour où nous célébrons sa victoire, d’être toujours, avec ta grâce, pus forts que l’ennemi.
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« Sur recommandations de sœur Marie-Anne, supérieure de la Congrégation de Ste Marie de la Providence de Saintes, les textes de ces vêpres ont été choisis selon le propre d’un Martyr »
(Livre de la liturgie, page 1477) Saisie du 28/2/2026