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8 juin - Clément Nadeau tué le 8-6-44 par l'aviation allié à Chaniers 17 -Témoignages

Publié le par culture-histoire.over-blog.com

Clément Nadeau travaillait sa vigne avec ses bœufs

Chaniers 8 juin 1944 - Mort pour la France

8 juin - Clément Nadeau tué le 8-6-44 par l'aviation allié à Chaniers 17 -Témoignages

Mitraillage d'un train et mort d'un cultivateur – Chaniers 17

Jeudi 8 juin 1944

Ma famille se composait de mon père Clément Nadeau, âgé de 56 ans, de ma mère Irma, âgée de 55 ans, de ma sœur âgée de 5 ans l/2 et de moi-même j’avais 12 ans. Nous demeurions à « La Font » commune de Chaniers.

Mes parents, exploitants agricoles, possédaient des terres sur la commune de Chaniers, près de Saintes. En tant qu'agriculteur mon père était propriétaire d'animaux de ferme et des terres qu'il cultivait, ainsi que des vignes.

Cette journée là mon père avait amené sa charrue et ses bœufs pour labourer une vigne. Ma mère était venue pour aider mon père, l'un guidant le bœuf et l'autre tenant la charrue. Cette vigne était située près d'une voie ferrée.

Pendant ce temps, ma sœur Colette et moi-même nous étions dans la vigne de l'autre côté de la voie ferrée. Ma sœur avait un copain âgé son âge avec elle.

Vers les 6 h 00 du soir un train est arrivé, il filait en direction de Saintes, mais au même moment trois avions, à bandes blanches et noires, sont arrivés. Ce train transportait du matériel, certainement pour l'armée allemande.

Les avions se sont mis à tirer avec leurs mitrailleuses, nous nous sommes couchées dans le champ, cette position nous a certainement sauvé la vie.

Pendant ce temps mon père venait d'être gravement blessé, il avait reçu une balle dans la jambe et il avait eu les deux artères fémorales sectionnées. Quant à ma mère, qui courait, certainement vers nous, eUe avait été blessée au bras. Elle avait été projetée au sol par le passage des avions à très basse altitude.

Les conducteurs du train (*), qui avaient sauté de leur locomotive au passage des avions, ont été au secours de mon père.

Malheureusement quand je suis arrivée à la maison, qui était éloignée d'une centaine de mètres, mon père avait déjà été ramené et il était déjà mort. J'étais revenue avec ma mère, qui, malgré sa blessure à son bras, avait pu nous ramener.

Ma mère a été à l'hôpital durant deux mois.

La charrette qui nous avions amenée au champ était percée par les tirs des avions et un des bœuf , qui avait été complètement terrorisé, avait reçu une balle dans la cuisse

(Témoignage de sa fille S.F, adapté spécialement pour classe CM2) (Témoignage recueilli en 1994 -Michel Souris)

Ci-après le témoignage d'une de ses filles.. certes très jeune.... mais elle avait entendu, vu... même si après elle en a souvent entendu le récit....
Ci-après le témoignage d'une de ses filles.. certes très jeune.... mais elle avait entendu, vu... même si après elle en a souvent entendu le récit....

Ci-après le témoignage d'une de ses filles.. certes très jeune.... mais elle avait entendu, vu... même si après elle en a souvent entendu le récit....

Colette D....... , née Nadeau en 1938

1944 : La fond – Chaniers 17

« J’avais 5 ans ½ à cette époque. Mon père possédait des vignes, ainsi cette journée-là, après la sieste, il était parti avec ma mère et un copain de mon âge, moi aussi j’étais avec eux, faire le labour de la vigne. Nous les jeunes nous nous trouvions à l’autre bout de la vigne, quand nous avons entendu les tirs et que nous avons vu les avions. Un train arrivait, je pense, d’Angoulême, nous avons fait comme les conducteurs de la locomotive, qui sautaient de la locomotive, nous nous sommes couchés, cela nous a certainement sauvé la vie. Les avions avaient commencé à tirer là où la voie ferrée est encaissée.

Mon père a été touché, il a eu les deux artères fémorales sectionnées. Malgré l’aide des gens du train ils lui avaient fait un garrot, il n’a pu être sauvé.

Pour ce labour nous avions nos bœufs, ils étaient terrorisés et l’un d’eux a pris une balle dans la cuisse.

L’endroit où nous nous trouvions a reçu une grande quantité de balles, notre charrette était pleine de trous. Ma mère qui courrait au moment du passage des avions, a été projeté au sol par le courant d’aire provoqué par le passage des avions. Ils passaient très bas et cela l’a plaqué au sol. Alors qu’elle s’était retrouvée au sol dans le rang de vigne, elle avait senti une brûlure au bras ; une balle lui avait déchiqueté le bras gauche. Malgré cela ma mère m’a ramenée à la maison. Mon père a été déclaré mort pour la France et nous les enfants nous avons été déclarés pupilles de la nation.

A cette époque, vers ou sera la maison de Santony Roger, il y avait un noyer ».

C'est toujours avec émotion que je vous présente ces témoignages, surtout quand j'ai rencontré ces proches parents de la victime, il y a quelques années déjà, c'est bien plus que vivant dans ma mémoire.

C'est toujours avec émotion que je vous présente ces témoignages, surtout quand j'ai rencontré ces proches parents de la victime, il y a quelques années déjà, c'est bien plus que vivant dans ma mémoire.

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